La parole du chacal – Clarence Pitz


FICTION, HISTORIQUE, LITTERATURE, THRILLER / mercredi, octobre 24th, 2018

Auteure: Clarence Pitz

Titre: la parole du chacal

Editeur: Le lys bleu

Date de publication: 15/08/18

Format lu: ebook

Nombre de pages: 340

format kindle: 4,99€  Broché: 20,20€

Note: ce livre numérique a été reçu dans le cadre d’un service presse.

|Résumé|

Dogons 2027, l’expérience d’une vie. »

Claire aurait dû suivre son intuition et renoncer à ce voyage. L’ombre fantomatique qu’elle a aperçue au milieu des tombes dogons dans un documentaire ne présageait rien de bon. Surtout qu’Armand, guide charismatique et anthropologue renommé, était resté curieusement évasif lorsqu’elle lui avait posé des questions sur ces caveaux. Armand dont le coup de volant a plongé leur camionnette dans un marigot. Tout ça pour éviter un foutu chacal ! Le village dans lequel ils ont échoué après cet accident est peuplé d’habitants craintifs et entouré d’une nature hostile. Un village isolé et désuet où le temps semble s’être arrêté. Un véritable tombeau à ciel ouvert dont il est impossible de sortir.

Dire qu’elle a entraîné Sacha, son fils de dix ans, dans cet enfer… Et que, chaque nuit, un mystérieux visiteur vient déposer d’étranges objets près du garçon.

|Mon avis|

Hello je vous retrouve pour vous donner mon avis sur la parole du chacal, un ethno thriller décoiffant. 

Dans ce livre, on suit un groupe de touristes belges qui décide de se rendre au Mali pour assister à la cérémonie du Sigui, une fête traditionnelle organisée chez les Dogons. Ce groupe de personnes hétérogènes est loin d’imaginer que ce voyage qui s’annonçait riche en découverte, va vite tourner au cauchemar.

Après une série de de conseils pratiques et de mises en garde, Armand décrit les cérémonies avec beaucoup de précision sans perdre de vue la nécessité de vulgariser ses propos. Il revient sur les fondements du Sigui, ensemble de fêtes cérémonielles au cours desquelles les Dogons célèbrent à la fois la résurrection du premier ancêtre sous forme de serpent ainsi que la révélation de la parole aux hommes. C’est une fête du renouveau étroitement liée à la cosmogonie dogon, façon de complexe de considérer les origines du monde.

L’intrigue est bien ficelée et amène une ambiance tendue qui monte crescendo au fil des pages. De plus le dépaysement est total tant pour les personnages que le lecteur. Les descriptions rendent la lecture immersive et donnent l’impression de fouler le Mali aux côtés de ces personnages.

Tout part d’un accident qui va entraîner une succession d’événements. Un accident  qui va conduire nos personnages dans un village atypique, dont les habitants semblent être venus d’un autre temps, d’une autre époque. Un village où les habitants, adoptent des comportements et actions qui  diffèrent des dogons actuels.

Pourront-ils atteindre leur destination finale? Quel est ce village isolé dont l’existence semble être inconnu de tous et qui n’a jamais été mentionné auparavant? Et en quelques lignes, les choses se corsent et le lecteur se trouve happé dans un tourbillon de situations inattendues et inexpliquées.

J’ai trouvé cette immersion en pays Dogon assez formidable. À travers cette intrigue captivante, l’auteure nous fait découvrir l’histoire, les coutumes en pays Dogon et les fondements de cette société. Aussi des anecdotes intéressantes ponctuent la lecture.  En effet, le choc des cultures et les croyances de ce peuple Dogon ont engendré des situations loufoques et des quiproquos. D’autant plus que les villageois ne cachent pas leur hostilité envers ces visiteurs inattendus. Une cohabitation qui va s’avérer compliquée et avoir des conséquences tragiques.

L’auteure aborde un peu l’impact du tourisme de masse sur le mode de vie de ces peuples isolés.

J’ai trouvé la construction de ce récit bien faite et agréable à lire. Des extraits de carnets de bord, de vieux documents ponctuent cette lecture et apporte plus de profondeur et une autre dimension à ce récit. Cette touche rend l’expérience de lecture intéressante et réaliste. L’histoire se développe à travers les opinions alternées. Je trouve que cette structuration apporte plus de rythme au récit et surtout ça crée une forme de proximité entre les personnages et le lecteur.

J’ai également trouvé le développement des personnages savamment fait. Tous vont se retrouver à vivre dans une habitation ou la chaleur, la faim, le manque d’hygiène sont omniprésentes. L’auteure fait naître des émotions qui font qu’on ressent leur angoisse, leur isolement, leur anxiété. Maintenant je vais vous faire un petit point sur quelques personnages de l’intrigue.

Claire est une mère célibataire, qui fait le voyage avec son fils d’une dizaine d’années, Sacha. J’ai aimé l’histoire de cette mère aimante et soucieuse du bien-être de son fils. Quand des objets apparaissent pendant la nuit aux côtés de ce dernier, Claire est en proie à la peur et au doute. Heureusement c’est une femme perspicace, téméraire et très intelligente. Mais attention la curiosité peut être mal perçu et avoir des conséquences.

Sacha est un jeune garçon que j’ai trouvé plaisant à lire. J’ai aimé ces apartés avec son journal avec ses mots d’enfant, confiant ses doutes  et soulevant ses questionnements et donnant son point de vue sur les événements.  À  travers ces prises de parole innocente et cohérente.

Malgré l’ambiance angoissante et sombre du récit, l’auteure apporte de la légèreté et des situations drôles avec par exemple le personnage de Ghislaine qui n’a pas manqué de me faire sourire avec ses prises de paroles pessimistes.

Un autre personnage intéressant est Armand, le  guide et passionné de la culture Dogon qui est un personnage énigmatique. Dès le début on se doute qu’il a des ambitions cachées. Une quête personnelle qui prendra plus d’ampleur au fil du récit.

Enfin j’ai trouvé le personnage du guide Dogon, Anatali  très intéressant. Son expérience de la vie en Europe et sa connaissance de la culture Dogon permettent d’avoir un point de vue global et objectif des événements. Il est le trait d’union entre les touristes et les villageois et qui a permis d’atténuer certaines situations conflictuelles.

Le dénouement a été une belle claque parce que les choses ont pris une tournure incroyable. La parole du chacal est un bon livre! Je suis passée par toutes les émotions; de l’espoir, aux doutes, à la tristesse et à l’effroi. Vous l’aurez compris ce livre a été une superbe découverte.

Pour son premier livre, Clarence Pitz m’ a conquise par sa plume, son intrigue et toutes les choses instructives qu’elle m’a fait découvertes. Je suis sortie de cette lecture curieuse et assoiffée d’en savoir plus sur les Dogons. 

Enfin, la parole du chacal, c’est plus qu’un livre, c’est un voyage mémorable. Clarence Pitz est assurément une auteure à suivre.

Je remercie Elisabeth de Presse Idée pour cet envoi.

 

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