Rencontre Auteur(e) #004- Interview avec Hayden Stapner


INTERVIEW / vendredi, mars 13th, 2020

J’ai le plaisir de vous proposer une interview avec Hayden Stapner, auteur de EDEN , un roman à suspense traitant de la folie destructrice d’ un fanatique religieux. Une enquête sous haute tension au cœur de l’Afrique du Sud.  Je remercie l’auteur, d’avoir répondu à mes questions et peut-être au vôtre également!

Bonjour Monsieur Hayden Stapner, merci de prendre le temps de répondre à mes questions. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs.rices ?

Tout d’abord, je remercie Sinabani pour cet échange. Parler de son travail est important pour un auteur ! Après des études largement consacrées à la littérature et à l’archéologie à Londres dans les années 1990 ( mon père est anglais), j’ai voyagé durant quatre ans pour des raisons professionnelles. Je mentionne souvent cette période de ma vie. Non pas que je me considère comme un grand voyageur, loin de là, mais plutôt parce que ces années ont été riches en rencontres et en événements de toute sorte. Cette période a été formatrice pour moi. Je crois que sans ces voyages, je ne serais pas le même, et mes écrits ne seraient pas non plus les mêmes. Je pense à l’Afrique en particulier.

Depuis combien de temps écrivez-vous et qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure ?

Effectivement, écrire, c’est réellement une aventure ! Une aventure intérieure. J’écris depuis l’adolescence. Je n’ai jamais arrêté depuis, alternant avec des moments de réflexion, de doute et d’euphorie.

Si je regarde dans le rétroviseur, je me rends compte que ma vie a toujours été organisée autour de l’écriture. J’ai toujours été attentif à ne pas me laisser harponner par les obligations d’une vie moderne qui va de plus en plus vite et qui ne laisse guère d’espace ou de temps pour la création.

J’ai toujours accordé beaucoup d’importance aux échanges vrais entre les hommes, au questionnement, à la lecture. J’ai toujours fait attention à ne pas perdre le sens de l’observation, la curiosité, l’envie…

Vous êtes un auteur de nouvelles fantastiques et de thrillers. Lequel de ces genres affectionnez-vous le plus et envisagez-vous d’explorer d’autres genres littéraires (romances, la SF) à l’avenir ?

C’est vrai que le fantastique et le thriller sont mes deux genres de prédilection. J’ai beaucoup de choses à explorer encore en rapport avec ces deux genres littéraires. Je me sens bien dans la narration lorsque mon cadre est celui du fantastique ou du thriller. J’en connais les codes. Et puis, il faut mieux se sentir à l’aise lorsque l’on s’attèle à l’écriture d’un roman, car c’est une entreprise de longue haleine et le chemin est parsemé d’embûches.

Je n’ai pas de projet autour de la Romance ou de la SF pour le moment mais je ne m’interdis rien. J’ai peu lu de romances en définitive. Par contre, j’ai lu pas mal de SF durant une époque, Robert Silverberg, J. G. Ballard, René Barjavel, Isaac Asimov, Pierre Boulle, Ray Bradbury, Philip K. Dick, Theodore Sturgeon, et d’autres…

Pourquoi avoir choisi l’Afrique du Sud, comme point d’ancrage de votre dernier roman Eden.

J’ai une affection particulière pour l’Afrique, la Cote d’Ivoire en particulier. Ma femme est ivoirienne. Je connais bien ce continent aux mille facettes.

Pour ce roman, j’avais besoin d’un cadre en résonance avec la psychologie de mon personnage principal, Cliff Warham. En le profilant,  j’avoue que l’Afrique dans un premier temps s’est imposé et puis très vite l’Afrique du sud. Une réelle connexion s’est établie entre Cliff et son cadre de vie à Cape Town. L’Afrique du sud reste assez méconnue par les européens. Son histoire et sa sociologie sont riches et complexes. Pour un écrivain, c’est un endroit du globe où il y a beaucoup de matière.

Par exemple, saviez-vous que l’Afrique du sud est un des meilleurs pays du continent africain pour la médecine, que la première greffe de cœur a eu lieu en Afrique du Sud ? Bien entendu, tout n’est pas rose. La criminalité fait des ravages. On estime qu’en 2019, 58 personnes ont été tuées chaque jour dans le pays. L’inégalité et la pauvreté persistent malgré les bonnes volontés.

Dans ce roman, vous abordez le fanatisme religieux et les dérives qui en découlent à travers un tueur énigmatique. Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir la religion comme thème central de cette intrigue ?

Ce n’est pas tant le fanatisme religieux dans sa globalité ou la religion qui sont traités dans ce texte mais plutôt le cas particulier d’un fanatique. En creusant la question, on se rend vite compte que les mouvements sectaires par exemple ne sont que la forme visible de l’emprise de quelques-uns sur un plus grand nombre. Pour ne pas tomber dans le stéréotype, la facilité, j’ai préféré aborder la thématique sous l’angle d’un cas particulier. D’abord parce que cela permet de développer l’épaisseur d’un personnage et aussi parce que cela permet l’examen des dérives psychologiques que cela entraîne chez certains comme pour mon personnage Anton Lusse.   

Quel est le personnage dont la construction vous a été la plus complexe. Et pourquoi ?

Anton Lusse m’a donné du fil à retordre. Les personnalités psychopathiques peuvent vous enfermer mentalement lorsque vous les étudiez en profondeur. Elles sont dangereuses à examiner. Tout du moins sans prendre certaines précautions. Elles ne tardent pas à vous happer dans un univers mental nocif. Pour utiliser un adjectif que tout le monde comprendra : elles sont démoniaques. 

Il y a quelques traits typiques qui restent très généraux pour les définir et qui sont vrais somme toute comme : la fascination du mal, l’absence de remords, l’incapacité à se conformer aux lois, mais à mon sens l’aspect le plus méconnu de leur personnalité et le plus pervers est leur grande capacité de pénétration mentale. Une sorte de capacité, de goût, de facilité, à violer de façon morbide les esprits.  

Quels sont les trois mots qui décriraient le mieux ce premier tome d’Eden. 

Je vais peut-être vous paraître énigmatique et réducteur. Je pense qu’un seul mot suffirait. Un mot qui au fond résume Cliff Warham, celui de Lumière. Je parle ici de celle que nous avons tous en nous et qu’il faut préserver.

Qu’avez-vous envie de dire aux lecteurs.rices pour les encourager à découvrir votre roman.

Faites attention, un manque de curiosité nuit gravement à la santé !

Combien de tomes avez-vous prévu pour Eden et A quoi vos lecteurs devraient s’attendre pour la suite des aventures de Cliff Warham.

J’ai pour habitude de tout garder secret avant le bouclage définitif. Néanmoins, je peux vous dire que je vous réserve de belles surprises pour le tome 2. Le nombre de tomes n’est pas arrêté. Je me laisse guider. Ce sont les   personnages qui me diront lorsque nous seront arrivés au bout, si bout il y a. 

Un petit mot pour la fin ?

Je finirais par une citation de Plotin qui m’inspire dans les moments difficiles : 

« L’âme n’est belle que par l’intelligence, et les autres choses, soit dans les actions, soit dans les intentions, ne sont belles que par l’âme qui leur donne la forme de la beauté ». 

                                                                                   Plotin, Ennéades, I, 6, 6.

J’espère que comme  moi vous avez passez un bon moment en compagnie de HAYDEN STAPNER. Je vous invite également à lire ma chronique de son roman EDEN par ici

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